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The Fantasier's Cavern

Cambriolage

le 18/03/2010 à 09h20

Cambriolage

 

J'ai le cœur à l'envers au milieu du fatras
Mes désirs refoulés étalés sur mes draps,
Chiffonnés, dévastés par le forfait commis,
Ma vie est retournée, détroussée cette nuit.

D'usage bien rangée, ma raison a souffert,
Aveugle et dépravée, laissée là sans repères.
Ma conscience a crié, mais tu l'as étouffée
Pour aller me ravir ce que je t'ai volé...

Mais mon honneur est sauf, si je suis abattu,
Sous tes yeux et tes mots mon cœur a combattu.
Toi voleuse aguerrie, exploitant tous tes charmes,
Je n'ai su résister, et j'ai baissé les armes.

Tu me voulais entier, voilà, tu m'as tout pris...
Je te suis enchaîné, tu en paieras le prix.
Ni procès ni prison, le crime est pardonné,
Ce que tu m'as repris je te l'aurais donné.

Sous mon lit, éventré, mon grand cœur est ouvert,
Fendu d'un seul baiser, raison n'a rien pu faire.
Tu m'as pris mon Amour, moi je t'ai pris le tien
Pour la vie, entre nous, ce sera tout, ou rien.

Crever la Gueule Ouverte

le 16/03/2010 à 14h03

Crever la Gueule Ouverte


 


                Je crois que je vais me suicider.


                Je sais, c’est triste, mais vous êtes sortis aujourd’hui ? Vous avez vu le monde ? Vous avez vu les murs ? De nos jours, les jeunes, ils écrivent « Nique la Police » avec un K… Je suis désolé, mais quand on écrit une telle requête,  on y met les formes, sinon, elle ne sera jamais respectée ! Surtout pas par moi, qui n’ai franchement aucun penchant pour les uniformes bleus et les bedaines rendues outrageusement hyperboliques par les bières bues en service à s’en mettre hors service…


                Et on voudrait m’inclure dans cet univers ? Je n’ai peut-être que 18 ans, mais quand je veux séduire une femme, je l’invite à prendre un verre et j’apprends à la connaître… Je ne lui crie pas « Eh viens t’es bonne, j’vais pas t’faire de mal, j’vais juste te monter au 7ème ciel ! » à la sortie de la gare ! Non ! Même si je le pense - ce n’est pas la question - j’ai bien compris que ça ne marche pas comme ça… Les jeunes, on leur dit de dire ce qu’ils pensent mais ils feraient mieux de penser ce qu’ils disent. Si encore ils déclamaient du Shakespeare ! Ce serait plus agréable…


« Oh, parle encore, ange lumineux, car tu es


Aussi resplendissante, au-dessus de moi dans la nuit,


Que l'aile d'un messager du Paradis


Quand il paraît aux yeux blancs de surprise


Des mortels, qui renversent la tête pour mieux le voir


Enfourcher les nuages aux paresseuses dérives


Et voguer, sur les eaux calmes du ciel. »


                Euh… Non, tout compte fait, ce serait encore plus lourd. Enfin, je ne sais pas pourquoi je suis là, à déballer  mes plus profonds sentiments devant des névrosés qui viennent m’écouter religieusement raconter ma vie parce que la leur est trop pourrie pour qu’on y fasse attention. Mais vous avez vu la mienne ? Je voulais être acteur… Vous allez me dire, je peux encore, mais ces choses là ça se fait en famille… Et comme je n’ai pas encore réussi à épouser Cameron Diaz, eh ben j’attends, sans trop d’espoir, parce que l’espoir ça sert à rien de plus qu’à faire vivre.


                S’il vous plait, quand je serai mort, vous ferez graver une croix gammée sur ma tombe, en guise d’épitaphe. N’allez pas croire que je suis nazi, mais avec tous les gens qui viendront pisser sur ma tombe, au moins j’aurais l’impression qu’on ne m’oublie pas…


                Regardez-moi ! J’en suis réduit à vous demander de me regarder ! Tout comme tous ces schizophrènes qui montent sur scène pour le plaisir de gueuler « A mort Sarko ! TNT, dynamite boy ! » en pensant représenter le peuple, alors que la moitié de la planète voudrait juste crier : « J’ai Faim !! »


                Mais bon, je n’ai pas à me plaindre, moi j’ai pas faim… Et puis Sarkozy est bien assez bas dans mon estime et dans tant d’autres domaines pour que je le descende encore.


                J’espère mourir sur scène, me suicider au slam, en arrachant mes maux de mon corps pour les coller sous vos nez si avides d’en connaître le parfum… Et je le ferai vraiment si on ne m’offrait pas un verre en sortie de scène .


                M’écrouler ici, crachant un dernier jet de bile acide comme un blason, une oraison… Parce que, de la raison, j’en ai toujours trop eu, mais du cœur…


                 ça…


                 jamais assez.


 

A vous, A moi...

le 09/03/2010 à 14h36

A vous, A moi...


A tout ceux qui m'ont pas lu
A tout ceux qui m'ont trop lu
A ceux qui croient avoir compris
Le grand pourquoi de mes écrits
A ceux qui n'ont jamais cherché
Que de mon verbe la beauté
Ô combien j'aimerais que tout le monde voie
Ô combien j'aimerais garder tout ça pour moi
Ô combien je rêve d'avoir le choix
De fermer mes plaies à vos yeux
De les guérir vos regards
De vous montrer mon coeur heureux
Et pas seulement au désespoir
Mais c'est la plume qui traine ma main
Sur quel sentier? Sur quel chemin?
J'écris les pièces d'un puzzle
Construit, détruit, assemble seul
Et tous mes mots mis bout à bout
Forment un monde indéchiffrable
Je cherche encore, un vers, un gout
Pour peindre une image finale...

Slam - Le Tueur de Temps

le 07/03/2010 à 16h11

Slam - Le Tueur de Temps

 

Je suis le roi de tes regrets et le seigneur de tes larmes

Je suis le tueur de tes attraits, le fossoyeur de tes charmes

Et quand tu dis de ton passé qu’il fut une épique époque

C’est parce que nostalgie et temps sont un duo sans équivoques

 

Je suis la sonnerie du réveil qui coupe court à tes rêves

Multiples instants qui s’égrènent sans jamais céder de trêve

Je suis cette heure que t’a pas eu pour réviser tes exams

Et cette époque révolue, quand tu vivais encore ta flamme

 

Je suis le tueur de temps, assassin de tes heures

J’extermine tes moments jusqu’à la dernière seconde

Je suis le tueur de temps, bourreau de tes bonheurs

Meurtrier de tes minutes jusqu’à la dernière de ce monde

 

Je  suis celui qui prend plaisir à se nourrir de vos soupirs

Quand votre jeunesse expire ou quand s’écroulent vos empires

Tout se détruit tout s’érode,  jusqu’aux rides dans le roc

Nul n’échappe à l’échéance, sans étique tombe l’estoc

 

La sens-tu, la sécheresse, l’aridité de ta peau ?

Ces multiples bâts qui te blessent, à l’agonie de tes mots ?

Entends-tu tous ces espoirs, ces désirs inassouvis ?

Par paresse, par oubli, tes remords t’ont asservi.

 

Je suis le tueur de temps, assassin de tes heures

J’extermine tes moments jusqu’à la dernière seconde

Je suis le tueur de temps, bourreau de tes bonheurs

Meurtrier de tes minutes jusqu’à la dernière de ce monde

 

Je suis la mort qui se marre, s’esclaffant quand tu t’échines

A retenir tous tes repères quand j’arrache tes racines

Je n’ai pas plus de pitié quand je pourfends tes amours

Et je me ris de ta peine, de tes serments de toujours

 

Fuis la futile foule qui file vers sa fin

Vite pris par la houle, priant pour un destin

Vouant leurs vies aux dieux, espérant gagner le ciel

Moi l’assassin odieux, j’écrase leur éternel

 

Je suis le tueur de temps, assassin de tes heures

J’extermine tes moments jusqu’à la dernière seconde

Je suis le tueur de temps, bourreau de tes bonheurs

Meurtrier de tes minutes jusqu’à la dernière de ce monde

 

Les éclats de tes instants sont des méfaits de mon fait

Ce tic tac intarissable qui matraque dans ta tête

J’ai emporté tes vingt ans, j’emporterai les suivants

Vampirisant tes envies comme j’ai tué tes rêves d’enfant.

 

Mais quand tu t’adonnes à l’art, il subsiste une défaite

Car si les paroles s’envolent, malgré moi, les écrits restent

Les maux coulant de ton cœur pendant que ta plume s’entête

Les mots déclamant tes heures jusqu’à ce que ton cœur, s’arrête.

Vautours

le 01/03/2010 à 18h03

 


Vautours


 


                Je vais vous parler des charognards.


                Pas ces petits piafs pépiards, poursuivant la populace, ni ces aigles téméraires, solitaires lorsqu’ils chassent ; mais ces immenses volatiles noirs, oiseaux de désespoir, aux longs becs babillards qu’animent les morts de masse… Ces grandes langues acérées, salivant quand on trépasse…


                Avec crayons et blocs-notes, cameras et maquillage, ils habillent nos peines pour émouvoir les ménages. Le massacre est un marché, car nos larmes les nourrissent ; Exposées, télévisées, nos tristesses sont délices…


                Plus d’hommes mourant au même temps, plus vautours auront leur comptant. Les pauvres gens qui crèvent de faim rapportent bien moins de pognon que deux-cent riches dans un avion, lors du vingt heure sur TF1. L’Afrique, les clodos, le SIDA, ils s’en repaissent parfois, mais préfèreront mille fois Mark Chapman ou Bertrand Cantat.


                Ils se payent sur nos cadavres, faisant des batailles leur havre, se donnant devoir d’appuyer sur les plaies des proches éplorés pour donner un aspect vendable à leurs vérités commerciales. Mais avant de jeter la pierre, de blâmer ces ouailles de nos guerres, cherchez donc qui profite à l’affaire…


                Vous qui regardez ces images, vous qui adorez ces mirages, dans ce désert surréaliste, patrie des vautours journalistes : Quand vous verrez votre écran noir, déversant tout son désespoir, mettez lui un bon coup d’pied, et dites-lui que c’est de ma part !